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Pierre de Villiers

Une forme de sacerdoce

Texte choisi : «  Une forme de sacerdoce » de Pierre de Villiers

  • Présentation de l’auteur : Pierre Le Jolis de Villiers de Saintignon, dit Pierre de Villiers, est un général d'armée français, né le 26 juillet 1956 à Boulogne (Vendée). Il est chef d'État-Major des armées de 2014 à 2017.

Le soir du 14 juillet, le chef d'État-Major réitère ses critiques sur sa page Facebook en écrivant « Parce que la confiance expose, il faut de la lucidité. Méfiez-vous de la confiance aveugle ; qu’on vous l’accorde ou que vous l’accordiez. Elle est marquée du sceau de la facilité ».

Dans Le Journal du dimanche du 16 juillet, Emmanuel Macron ouvre la porte à une possible éviction du chef d'État-Major : « La République ne marche pas comme cela. Si quelque chose oppose le chef d'état-major des armées au président de la République, le chef d'état-major des armées change ». La question d'une démission du chef d'État-Major —acte inédit sous la Ve République— est désormais posée, d'après le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

Pierre de Villiers démissionne de ses fonctions le mercredi 19 juillet

Source : wikipedia

 

  • Texte

À l’expérience de ce que j’ai vécu, un être humain comporte au moins quatre dimensions, sources d’un bonheur équilibré. La première est l’équilibre du corps. Tout dirigeant doit écouter son corps, le connaître et le respecter. Combien de difficultés seraient évitées si certains prenaient le temps de faire du sport régulièrement et d’avoir une hygiène de vie à la hauteur des responsabilités qu’ils exercent ? Plus on vieillit, plus cela exige un effort, une rigueur. Cela passe par la pratique régulière du sport, une alimentation équilibrée et une vie sans excès. Ce souci de soi fait partie de la charge des responsabilités … Cette dimension physique n’est pas suffisamment prise en compte dans les systèmes français de formation et trop souvent laissée à l’initiative des étudiants. Ce n’est pas le cas chez nos amis anglo-saxons. Toute responsabilité comporte une forme de sacerdoce.

La seconde dimension est liée à l’intelligence de l’Homme. En philosophie, une des définitions de l’intelligence est la faculté d’adaptation. Cette dimension est l’objet de toutes les attentions dans nos systèmes de formation. Quand on voit la masse des données assimilées par les étudiants préparant les écoles de commerce ou les concours de l’ENA et de Polytechnique, je ne suis pas inquiet sur leur capacité à se mouvoir et à évoluer dans différents contextes. Nos élites ne manquent pas d’intelligence. Je reviens sur ce que je disais préalablement sur la nécessité du bon sens qui simplifie la complexité. Trop d’intelligence nuit parfois à l’intelligence …

Le troisième volet concerne le cœur de l’Homme. Il est fondamental et trop oublié. Quand on veut convaincre, entraîner, motiver, il faut donner du sens à l’action. Pour cela, l’intelligence ne suffit pas. Il faut faire adhérer, avec la part d’irrationnel que comporte tout être humain. Il faut donc mettre de la flamme et de la passion, pour que les équipes aient envie de se mettre en mouvement. La passion n’égare pas, pour autant qu’elle est maitrisée. Notre société, à la fois matérialiste et intéressée par le profit, pourrait avoir tendance à négliger cette dimension de la conviction, de la sincérité vraie, des trips sous simplement. Tout ne peut être le fruit d’un raisonnement intellectuel, logique et quasi mécanique. Je recommande de bannir tout cynisme, car la trahison de la confiance généralement se paie cher. Il faut mettre de l’affect, de la sensibilité, du cœur. Les équipes le rendent ensuite par du cœur à l’ouvrage.

La quatrième dimension est l’assouvissement du besoin transcendantal inhérent à tout Homme pour être en paix totale, quelles que soient ses convictions en la matière. Le regain des méthodes douces de méditation et le besoin de silence de nos concitoyens sont révélateurs sur ce plan. Je note d’ailleurs que de plus en plus d’entreprises fournissent des lieux de calme, de silence, pour que les membres du personnel puissent, en particulier au moment de la pause déjeuner, se détendre et méditer chacun en fonction de ses aspirations.

                                                   Pierre de Villiers, Qu’est-ce qu’un chef, Fayard, 2018.

  • Quelques axes de lecture

- La question de l’autorité

- Un modèle de leadership

- L’équilibre physique et psychique à maintenir

- La progression des idées, tenir compte de la structure du texte

- Distinguer l’essentiel de l’accessoire

- Résumez le texte en 110 mots avec une marge de plus de plus ou moins 10 %.

- Des phrases aux allures de vérité générale

IV- Insistons sur :

  1. Un paragraphe

« Un paragraphe est une section de texte en prose vouée au développement d'un point particulier souvent au moyen de plusieurs phrases, dans la continuité du précédent et du suivant. Sur le plan typographique, le début d'un paragraphe est marqué par un léger renfoncement ou par un saut de ligne. »

 

  1. Des phrases phares

«  La première est l’équilibre du corps. »

«  Tout dirigeant doit écouter son corps, le connaître et le respecter. »

«  Ce souci de soi fait partie de la charge des responsabilités. »

«  Toute responsabilité comporte une forme de sacerdoce. »

« En philosophie, une des définitions de l’intelligence est la faculté d’adaptation. »

«  Nos élites ne manquent pas d’intelligence. Je reviens sur ce que je disais préalablement sur la nécessité du bon sens qui simplifie la complexité. Trop d’intelligence nuit parfois à l’intelligence … »

« Quand on veut convaincre, entraîner, motiver, il faut donner du sens à l’action. »

«  La passion n’égare pas, pour autant qu’elle est maitrisée. »

«  Notre société, à la fois matérialiste et intéressée par le profit, pourrait avoir tendance à négliger cette dimension de la conviction, de la sincérité vraie, des trips sous simplement. »

« Tout ne peut être le fruit d’un raisonnement intellectuel, logique et quasi mécanique. Je recommande de bannir tout cynisme, car la trahison de la confiance généralement se paie cher. Il faut mettre de l’affect, de la sensibilité, du cœur. Les équipes le rendent ensuite par du cœur à l’ouvrage. »

« La quatrième dimension est l’assouvissement du besoin transcendantal inhérent à tout Homme pour être en paix totale »

 

16/06/2019

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